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Secteur du Col de Tende

 

Place forte dite 

 

barrage de Tende 


Catégorie : Place forte


Aire d'étude : Alpes-Maritimes


Lieu-dit : Tende (près de)


Parties constituantes : fort (étudié) ; ouvrage d'infanterie (étudié) ; batteries (étudiées)


Epoque de construction :
4e quart 19e siècle


Année : 1881


Auteur(s) : Maggia Giuseppe (entrepreneur de maçonnerie)
Mersi Bartolomeo (entrepreneur de maçonnerie)
Pirelli (fabricant)


Historique :

Un premier projet de place forte barrant la route entre Cuneo et la haute vallée de la Roya fut présenté dans le plan de défense général de l' Italie en 1871.

Il répondait à un besoin stratégique engendré par la cession à la France en 1860 de la quasi-totalité du comté de Nice, reportant la frontière à la limite des communes de Tenda (Tende) et Briga Martima (La Brigue) .

Ce premier projet, tirant parti de la ligne de crête reliant les plus hauts sommets de la chaîne alpine est-ouest située en léger retrait de la frontière, comportait alors deux lignes de défense : le barrage de Tende, établi sur le col de Tende et aux abords, sur la ligne de crête alpine formant ligne de partage des eaux, et le camp retranché de Borgo San Dalmazzo, entre Cuneo et le col de Tende.

Le camp retranché du col de Tende tel qu' il a été réalisé dix ans plus tard, après l' accession au pouvoir du président du conseil italien Francesco Crispi, hostile à la France et favorable à l' alliance avec l' Allemagne, correspond donc sensiblement à une version réduite de ce premier projet. Il comporte deux lignes de défense est-ouest. L' ouverture, prévue et réalisée en 1882, du tunnel routier du col de Tende, rendait d' autant plus impératif la mise en place d' un dispositif de contrôle militaire et de barrage de la frontière.

La ligne de chemin de fer projetée depuis 1879 entre Cuneo et la mer par la vallée de la Roya n' est en revanche qu' amorcée et l' arrivée de la ligne à Vievola ne sera effectuée qu' en octobre 1900. A la fin des années 1870, face à l' évolution rapide de l' artillerie, on assistait à la remise en cause des fortifications en pierre.

Le comité du Génie italien envisagea alors le renforcement des casemates des forts des Alpes alors en construction par le blindage. Cependant, le modèle du fort de barrage aux murs d' enveloppe hauts, non défilés par son fossé, resta encore à l' honneur et sera encore choisi en 1881 pour le camp retranché de Tende.

Le projet initial du camp de Tende est connu par un atlas de plans ; il comportait en tout quatorze ouvrages individualisés. Quatre des ouvrages prévus n' ont pas été réalisés et parmi les dix restant, deux ont été supprimés ou détruits par des aménagements postérieurs. Le premier marché fut adjugé le 7 mai 1881 aux entrepreneurs Giuseppe Maggia et Bartolomeo Mersi et le second, à Maggia seulement, le 10 juillet 1883. Le coût réel global du camp retranché s' élevait à environ 4 millions de lires.

Le mise en chantier des cinq derniers ouvrages n' a probablement pas commencé avant le printemps 1884. Entre septembre 1892 et 1893, les différents ouvrages furent reliés par des lignes téléphoniques et télégraphiques (câblages fournis par l' entreprise Pirelli) . Les ouvrages furent désarmés durant la première guerre mondiale pour utiliser les pièces d' artilleries sur le front autrichien.


Description :

L' ensemble des dix ouvrages appelés "forts", correspondent à des batteries d' appui et de protection, disposées en rideau de part et d' autre du fort de barrage central (celui de Colle Alto) ;

ce sont : Barracamente Centrale, fort Taborda (Tabourde) , retranchement de Beccorosso (Bec Roux) , retranchement de Pepino (Pepin) , batterie de défense dite Fort Pepino, fort Margheria (de la Marguerie) , fort Pernante, retranchement de Salauta, batterie de Giaura (Giaure) , batterie de Barsenzana. Elles étaient équipées de pièces de moyen calibre.

Elles furent conçues avec des caractères communs : les locaux de casernements était en principe concentrés sur le front de gorge ; plusieurs fronts de fusillade assuraient la défense rapprochée.

Un fossé à sec de contrescarpe revêtue régnait sur au moins trois côtés. La porte était invariablement équipée d' un pont d' accès avec pont-levis à bascule ; les magasins à poudre étaient enterrés. Suite à une évolution de la conception de ces ouvrages au début des années 1880, les cinq batteries sont équipées de galeries de contrescarpe à feux de revers logées dans deux angles opposés, de préférence à la formule plus traditionnelle de la caponnière saillant sur l'escarpe qui n' est représentée qu' à Giaura et Pepino.


Typologie :
ouvrage casematé en caverne
propriété publique


Type d'étude : enquête thématique régionale (architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur)


Date d'enquête :
2001


Rédacteur(s) : Corvisier Christian ; Marciano Florence


N° notice : IA06001314
(c) Inventaire général, 2001
 

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