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Souvenirs, souvenirs...
En Roya-Bévéra, jusqu'au milieu du siècle dernier,l'économie traditionnelle était fondée sur l'agriculture et l'élevage (essentiellement d'ovins),donnant lieu à des échanges commerciaux avec le littoral et la plaine du Pô.
Toutes les familles de nos vallées possédaient des parcelles de terrains, où étaient cultivées les denrées nécessaires à la vie de tous les jours, et à l’entretien des bêtes. Ainsi les pourtours des villages, sont marqués de petites terrasses de cultures, où les jardins prenaient place.
Le haut des vallées était consacré à l’élevage ovin, et à la châtaigneraie principalement.
Plus bas en altitude l’olivier représentait une part importante des revenus agricoles.
La polyculture (c'est à dire le fait d'effectuer différentes productions) dominait le monde agricole, de nombreux paysans possédaient quelques animaux,un petit jardin et des arbres fruitiers, pour répondre à leurs besoins.
Nos paysages sont marqués par l’activité agricole, les terrasses extrêmement présentes et nécessaires à la mise en cultures constituent un patrimoine exceptionnel. Les gias (lieu où dorment les bêtes sur les alpages) sont encore bien présent, tout comme les maisons des abeilles, enclos de pierres sèches où les ruches étaient disposées.
Les « casouns » (petite maison de pierre servant d’abris ou de lieu de stockage) sont encore là, et témoignent du rôle essentiel de l'agriculture dans nos vallées.
Et de nos jours, qu'en est-il?
Ce patrimoine, cette qualité de vie que l’on vante ne serait pas ce qu’il est sans le rôle primordial, et cependant difficilement quantifiable économiquement, que joue l’agriculture en matière d’entretien de l’espace et de maintien de la qualité de vie et des traditions.
D’un espace rural enclavé dont l’activité agricole était la première ressource économique dans les années 50, le territoire des vallées Roya-Bévéra s’est progressivement transformé en devenant une zone de loisirs, un espace de nature et de découverte où le secteur tertiaire, au travers du tourisme, est devenu aujourd’hui le moteur de l’économie locale.
En effet l’agriculture est un pilier du tourisme car c’est elle qui façonne les paysages et met à disposition des produits du terroir de qualité. Le maintien de l’activité agricole dans cette zone représente donc un enjeu de première importance d’autant plus qu’elle connaît aujourd’hui, dans cette région, de nombreuses difficultés.
Le relief y est difficile et ne permet pas une forte mécanisation des exploitations, la concurrence italienne et des structures du littoral se fait sentir tout comme la déprise agricole et le vieillissement des exploitations. Le développement de l’urbanisation est également un enjeu qui vient parfois affaiblir le secteur agricole.
Néanmoins, l’activité agricole reste un élément incontournable du territoire, notamment sur le territoire d’altitude du canton de Tende avec le pastoralisme, ou sur les cantons de Sospel et de Breil-sur-Roya avec l’oléiculture omniprésente.
Tous savent que vivre de l’agriculture dans nos vallées représente un défi, car les productions sont limitées et les conditions difficiles. De ce fait les revenus que l’on peut tirer de ce secteur n’encouragent pas à l’installation, et la mise aux normes des exploitations n’est pas toujours évidente.
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